La nycturie ou levers nocturnes pour uriner est une cause très fréquentes de consultation.

Définition de la nycturie ou des levers nocturnes.

La nycturie correspond au besoin d’uriner réveillant le patient dans son sommeil. C’est différent de la pollakiurie nocturne qui est le fait d’aller fréquemment uriner la nuit. Le seuil de 2 levers nocturnes a un impact fonctionnel, et correspond donc à une nycturie cliniquement significative. Cet impact fonctionnel a largement été documenté sur la qualité de vie, la qualité du sommeil, la fatigue en journée, le risque de chute la nuit, la dépression, l’anxiété et même la mortalité. Le trouble urinaire, qu’est la nycturie ne devra jamais être sous-estimée.

La nycturie est le lien avec l’hypertrophie bénigne de prostate.

On a longtemps admis que les troubles mictionnels nocturnes étaient le fait d’une prostate volumineuse systématiquement chez les hommes de plus de 50 ans. Cette idée du « prostatisme » est à oublier. Ainsi, à partir d’un certain âge, la prévalence de nycturie est égale chez les hommes et les femmes. Ces symptômes du bas appareil urinaire ne sont pas non plus systématiquement liés à la vessie.

Principaux mécanismes physiopathologiques de la nycturie ou des levers nocturnes.

Il y a plusieurs causes liées à ces troubles urinaires chez les hommes et femmes :

  • La réduction de la capacité vésicale fonctionnelle pouvant être liée à un trouble de la vidange, à une Hypertrophie bénigne de la prostate ou à une hyperactivité vésicale. Il s’agit dans ce cas d’une cause vésico-prostatique.
  • La polyurie des 24h (fabriquer trop d’urines) et surtout la polyurie nocturne étant le mécanisme physiopathologique le plus fréquent. Il s’agit d’une cause rénale. La définition de la polyurie nocturne est une diurèse nocturne représentant plus de 20% de la diurèse des 24h chez les jeunes et plus de 33% de la diurèse journalière chez les sujets âgés. Les personnes âgées sécrètent naturellement plus d’urines la nuit ;

Exploration de la nycturie.

Il consiste à rechercher des facteurs de risque de polyurie nocturne afin de les corriger tels que l’ hydratation avant de dormir (il faut diminuer drastiquement les apports après 18h00), la présence d’œdèmes des membres inférieurs, la présence d’un syndrome métabolique ou de ronflements, le syndrome d’apnée du sommeil,  des signes urinaires diurnes associées qui orienteraient vers une hyperactivité vésicale ou une hypertrophie bénigne de la prostate, la prise de traitements anticholinergiques  ou la prise de diurétiques en 2ème partie de journée.

La pierre angulaire de ce bilan est le catalogue mictionnel à faire idéalement sur 72h (au moins 48h). Il est indispensable puisqu’il donne le mécanisme de la nycturie qui déterminera sa prise en charge.

Il faut également faire une débimétrie résidu pour dépister une obstruction, un trouble de la vidange vésicale. On peut s’aider des questionnaires symptômes et de la qualité de vie (score IPSS et Quality of life QoL).

Traitement de la nycturie ou des levers nocturnes pour uriner.

Plusieurs examens/mesures sont nécessaires pour détecter les causes, avant de pouvoir déterminer les traitements les plus adéquates :

Les mesures hygiéno-diététiques sont la base du traitement. Corriger les facteurs de risque en réduisant l’hydratation le soir, éviter la consommation de certains aliments et certaines boissons pro-diurétiques comme le café, le thé, la tisane, l’alcool, il faut aussi réduire la consommation de sel sur les 24h. Le port de bas de contention ou se promener le soir en cas d’œdèmes, surélever les jambes, dépister une potomanie ou un diabète insipide en cas de polyurie des 24h…

En cas de polyurie nocturne résistante aux mesures hygiéno-diététiques, il faut envisager tout d’abord le dépistage du syndrome d’apnée du sommeil par une polygraphie nocturne (examen indispensable à réaliser et le traiter par Cpap (qui consiste à porter un masque à débit d’air continu pressurisé).

Le  traitement par Minirinmelt (desmopressine) mime l’action de l’hormone antidiurétique.  Sa prescription  commence à 60 microgrammes et est associée à une surveillance accrue de la natrémie (le risque étant l’hyponatrémie) à j3, j7, j14, et à 1 mois puis à chaque changement de dose (jusqu’à 360 microgrammes). L’efficacité des effets de la desmopressine a été démontrée dans de nombreux essais cliniques contre placebo. Il s’agit d’un traitement hors recommandation si le patient a plus de 65 ans.

Enfin, il faudra traiter la cause si elle est identifiée comme une hyperactivité vésicale sous-jacente, l’hypertrophie bénigne de la prostate et plus particulièrement si la symptomatologie décrite la nuit est aussi invalidante le jour.

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